hommes et 5,000 hommes en garnison (I), l'empereurfut renversé avec une armée de 400,000 hommes, dont300,000 dans les places fortes.
Napoléon était naturellement porté, à Sainte-Hélène,à faire l’éloge des places fortes ; car, s’il en eût blâméle grand emploi, il eût fait, lui-même, la critique desa propre conduite dans ses dernières années. Il fûtconvenu, avec ceux qui accusent les places fortes de saperte , qu’effectivement il eut recours à un mauvaismoyen de stabilité et qu’il s’était trompé. Mais, quanddépouillant la pourpre, il descend du piédestal et qu’ilcause familièrement avec ses nobles amis, le généralreparaît et l’emporte sur le politique. Alors il est moinsaffirmatif sur l’éloge des forteresses , il avoue mêmequ’elles concoururent à ses désastres; c’est pour cela quele Mémorial de Sainte-Hélène est plus naïf sur ce sujet,parce qu’il ne le croyait pas destiné à la publicité. C’estune suite d’entretiens du coin du feu, tandis que les Mé-moires étaient adressés à la postérité ; eh bien ! mêmedans les Mémoires, s’il y a des éloges pour les placesfortes, on trouve aussi, çà et là, de puissants argumentscontre elles, et, afin de les départir avec impartialité,nous avons rangé d’un côté ce qui, dans ces écrits, estavantageux aux forteresses, et d’un autre côté ce quileur est défavorable. Ce tableau synoptique n’est passans intérêt, mais il formerait un volume considérablequi nous écarterait de notre objet ; nous avons donc dûne prendre, de ces doubles recherches, que les traits lesplus saillants, ou du moins ceux qui nous ont paru tels ;regrettant, toutefois, d’être obligé de nous borner surun sujet traité par une main si habile.
Avant d’aller plus loin, il faut que nous demandions
i) Volume u, page 227 , Mémoire* de Napoléon.