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pons-les et voyons où s’est trouvé le succès ou la dél'aîte.Faisons le double budget des triomphes et des désastres ;et si les camps, les places, les lignes, les fortifications ontprocuré, par exemple, quatre, cinq, six, dix victoirescontre un revers, hàtons-nous d’y recourir; mais si lerésultat est en sens contraire, cherchons au plus tôt unautre moyen de protection; car en bonne logique, sidepuis deux mille ans, une machine tue celui qui s’ensert quatre et cinq fois sur six, cela ne fait honneur ni àl’intelligence du fahricateur, ni à la prudence de celuiqui en fait un si malheureux usage.
Mais, nous dira-t-on, comment nous persuaderez-vousque tous les peuples, qui de tous temps ont cru que lafortification était leur sauvegarde, aient été dans l’er-reur, et comment nous faire croire qu’ils vous aientattendu pour rentrer dans le chemin de la vérité et de laraison? A notre tour nous vous demanderons pendantcombien de siècles les peuples ont-ils cru à la divinitédes bœufs, des ognons et des crocodiles? pendant com-bien de siècles n’ont-ils pas cru aux sorts, aux revenantset aux magiciens ? ces temps ne sont pas encore loin, etpeut-être qu’aujourd’hui même dans le for intérieur debeaucoup d'individus, il y a confiance dans une préten-due étoile. Il n’est donc pas étonnant que pendant delongues années une nation quelconque, plusieurs na-tions mêmes soient restées sous l’empire d'une idée faussesur un sujet ou sur un autre. Ne voyons-nous pas lesystème protecteur dans le commerce conduire l’Angle-terre vers un précipice, et les seuls droits d’octroi detelle ou telle cité arrêter le développement de sa prospé-rité. Cessez donc de nous combattre avec de telles objec-tions? La voix du peuple n’est la voix de Dieu que chezles nations où le sens moral est trcs-développé ; maisdans les faits matériels la voix de Dieu est renfermée