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impartial, j’ai agi de même pour les deux catégories ; sivous retirez de chacune d’elles diverses batailles sous pré-texte que les retranchements avaient peu d’importance,eh bien ! vous trouveriez alors plus que 5 contre 1 ; notrecause serait encore plus belle : ici il ne s’agit point desièges, il suffit que les lieux fortiliés puissent résister àun coup de main, à des attaques de vive force , telles quepeuvent les tenter, sans longs préparatifs, des troupesqui n’ont que les ressources ordinaires que l’on trouveen plaine ; des murs, des places anciennes, des châteaux,des enceintes mêmes d’octrois sont bien alors de réellesfortifications et souvent malheureusement elles ne sontque trop puissantes contre la liberté de vos mouvements-,car elles sont pour vous ce que serait une forte chaînescellée à un poteau solide et passée au cou d’un lion :alors ce puissant animal ne pouvant plus se défendre qu’àdistance, il suffirait d’un enfant libre dans son actionpour en triompher.
On dira : les fortifications ne sont pourtant qu’uneimitation de la nature, vous proscrivez donc le recoursaux positions quelle présente? Ne nous laissons pas sé-duire par des comparaisons souvent contestables ; non,nous ne proscrivons pas l’emploi des positions natu-relles, pourvu que l’on s’en serve comme le conseillaitFrédéric pour faire valoir son artillerie, mais il fautbientôt en sortir pour marcher à l’ennemi; et toutefois sil’on faisait des combats livrés en position des tableauxanalogues aux précédents, on trouverait indubitable-ment que la plupart ont été perdus. Il n’y a que ceuxdans lesquels on est libre de ses mouvements qui réus-sissent. L’induction suffirait donc pour faire rccon-naitre que les batailles reçues dans des fortificationsdevaient suivre le sort de celles acceptées sur des posi-tions absolues. Le même principe de perte réagit sur les