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1,284 combats de nos deux tableaux, on remarque cetteconduite: c’est un peu le système romain. Jusque-là lesFrançais ne semblaient se servir de leurs ouvrages quepour se garder contre les surprises qui corrigeaient leur né-gligence. Quant aux autres nations, elles paraissent crain-dre beaucoup ce que l’on appelle la furie française, et vou-loir amortir son premier élanaumoyende retranchements;mais ils les ont jetées dans d’autres causes de déroutesqui s’expliquent par la nature même du prétendu remède.
Sans doute que les doctrinaires, qui proposent de sebattre derrière des murs, chercheront à éplucher,commenter, atténuer nos résultats. Les mais , les si , lescar ne manqueront pas; ils élagueront telle bataillepar une raison, tel combat s’expliquera par une autre ;ici le général, là un ordre mal compris, mal exécuté ounon donné ; ici un corps qui a faibli, un canon qui acrevé, un pont qui s’est effondré, etc., etc. Mais cechiffre 4 et 5 contre 1 est bien puissant, sa portée seprête à des défalcations, même capricieuses ; puis dans lenombre favorable 24 est-ce qu’il n’y aurait pas égalementdes déductions aussi bien que pour celui 120 : retranchezdonc, élaguez, réduisez, permis à vous ; personne ne vousforcera à ne pas vous retrancher ; mais jamais vous nedétruirez le fatal rapport 5 : 1 : il est là immuable commeun arrêt du destin ( 1 ) !
Quoi ! diront-ils, vous avez porté dans votre tableaucomme fortifications, des fermes, des châteaux, ce ne sontpourtant pas là des ouvrages ! D’accord, mais j’ai été
Ci) Voie» un raisonnement qui nous a été fait par un doctrinaire éméritequi dépasse notre intelligence. «Vous rangez au nombre dc9 journées néfastescertaines victoires obtenues contre quelques armées retranchées ; elles coûtè-rent si cher aux vainqueurs, qu’aprés ces triomphes ils n’étaient plus en étal derien entreprendre de décisif ; ainsi la défaite de l'armée retranchée pouvait êtreconsidérée par elle comme un succès réel ». Ceci ressemble un peu au qui perd<j(i>juci\c certains joueurs, et nous croyons que le plus sur est de rester vainqueur.