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Ainsi, dans la guerre de sept ans, les armées ont livré34 grandes affaires sur lesquelles 7 sans fortifications,20 perdues sous l’appui des ouvrages défensifs et 7 ga-gnées sous cet appui. Ces deux derniers nombres sontdans le rapport de 3 : l ; ceci se rapproche jusqu’à uncertain point de la proportion que nous avons trouvéepour l’Espagne, soit que les armées de cette époquen’eussent pas encore la mobilité de celles de nos jours ,soit que les terrains de la Lusace, de la Silésie et de laBohème, ou les montagnes du Hartz et du Weser aientquelque analogie avec les Pyrénées ; mais remarquons-le,il y eut encore trois revers pour un succès : déjà aussiagissaient les progrès de l’artillerie.
Chose remarquable, Frédéric ne se releva qu’aprèsqu’il eut perdu une grande partie de ses places : Dresde,Torgau, Vittemberg, Glatz, Neiss, Colberg, Sclrwednitz,Breslau. Les Espagnols de 1812 ne se relevèrent qu’aprèsla chute de toutes leurs forteresses de l’intérieur; lesFrançais, en 1794, ne triomphèrent qu’après la perte deCondé, Valenciennes, Marchiennes, le Quesnoy, Landre-cies et Mayence, et n’eurent de succès que quand cettefameuse combinaison doctrinaire, si vantée, fut rompueet aux mains de l’ennemi ! Louis XIV ne fut battu, en1672, qu’après avoir pris toutes les places de la Hollandejusqu’à Utrecht, et il en est toujours de môme. Quoi ! unetelle constance de résultats et de changements de fortunene nous apprendra rien ! INous ne voyons pas les Autri-chiens en 1800 battus après avoir pris toutes nos forte-resses d’Italie; l’Autriche se relever en 1742, après avoirvu prendre toutes ses places jusqu’à Molk. La vérité,l’histoire nous crèvent les yeux, et elles ne nous appren-nent rien ! I !
Les campagnes de Hanovre, cette si triste part de laF rance dans la guerre de sept ans, furent pourtant les
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