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phrase obligée. Pourquoi ne pas conserver cet admirablesang-froid d’Austerlitz, d’Iéna, de Wagram et de Fried-land? La vanité peut faire plus de tort qu’on ne sauraitle croire; nous sommes aussi braves, aussi instruits,bien plus manœuvriers qu’eux ; nos soldats sont bienplus intelligents: nous les battrons doue quand nous levoudrons, mais il faut savoir le vouloir.
Toutefois qu’on ne s’abuse pas, le système des Anglaisest l’inverse de celui de Darçon : ils veulent, il est vrai,posséder quelques postes fortifiés ; mais ils veulent sur-tout beaucoup de fortifications de campagne, ils ne com-battent point coudoyés par un système de forteressespermanentes, quand Darçon, au contraire, craint les for-teresses du moment et pousse à celles permanentes. Il neconseillait pas leur méthode (1). En résumé les Anglaisse retranchent parce qu’ils sont lourds, et Darçon engageles Français à se retrancher parce qu’ils sont légers ;quelque subtilité que l’on mette dans un prétendu accordde ces deux motifs, ils n’en sont pas moins contradic-toires ; les Anglais en ceci suivent leur caractère natio-nal , et les Français contrarient le leur.
Nous ferons sur nos tableaux encore une réflexion gé-nérale ; on ne prend des opinions de Napoléon que cellesqui conviennent au système que l’on veut défendre:l’auteur du Spectateur proclame une grande vérité (2),c’est qu’il est notre maître à tous; mais il ne prend de cemaître que les passages qui sont favorables à la causequ’il soutient, ils sont même tronqués. Qui nous empê-cherait d’agir de même? Nous poumons, par exemple, neprésenter de nos résultats historiques, que les sectionsdeuxièmes de chacun de nos tableaux, et dire 265 com-
(0 Considérations militaires par Darçon, page iü3.( 2 ) Le Spectateur militaire i#3(>, page i(i.