— 93 —
bats ont été heureux sous la protection des fortifications,24 batailles ont été gagnées avec leur aide, et ajouterque par ce même moyen 29 autres batailles ont été éga-lement gagnées ; d'où nous poserions ce principe qu’ilfaut avoir soin de se retrancher pour livrer bataille.Pour le corroborer, nous exposerions la première opi-nion de Napoléon relatée dans notre premier chapitre ;mais nous passerions sous silence les chiffres 1019,ceux 76 et 120; nous ne dirions pas un mot de la se-conde opinion de Napoléon ; nous vanterions, commeI)arçon, la conduite de Pompée, vainqueur à Dyrachiumavec une place forte et 24 forts ; mais nous effacerionsles pages où l’histoire dit que le vaincu, César, avait 26forts vis-à-vis de ceux de Pompée ; nous vanterions Gôt-tingue qui fit plus de prisonniers que sa garnison necomptait d’Iiommes ; mais nous ne dirions pas que l’on futobligé de l’évacuer; que l’on eut une déroute désastreusede 100 lieues, que l’on perdit 10 bataillons dans Mindenet 15 dans Cassel; nous citerions avec complaisanceBergen, Jagendorf, Zorndorf, Cunersdorf et7 victoires;mais nous ne dirions pas un mot de vingt défaites à Pra-gue , à Breslau, à Minden, à Hameln, à Torgau, à i’rid-berg, etc., suivant ainsi la méthode démonstrative doc-trinaire.
Oui, l’on peut quelquefois réussir contre les bonnesrègles’ ; il est des succès obtenus malgré les princi-pes (1), une grande supériorité répare quelquefois l’em-ploi des mauvais principes (2) ; il y a les bons plans decampagne et les mauvais ; quelquefois les bons échouentpar des circonstances fortuites, et les mauvais réussis-sent par les caprices de la fortune (3). « Et voyez quelle
(1) Mémoires, volume h v , page 359.
(2) ld. id. vii, page 207.
^3) ld. id. via, page 2-19.