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En regard de ces faits que peut-on opposer d’avanta-geux? le désastre de Mayence par Clairfayt, la défensed'Ulm par Kray devant les singulières manœuvres de Mo-reau , celle de Gènes par St-Cyr, celle soi-disant de Bel-fort par Lecourbe, et l’inutilisation de l’armée de Rappdans Strasbourg en 1815; ainsi, c’est 4 ou 5 succèscontestables , c’est 36 et 50 défaites positives , c’estune chance de 6 , de 10 contre 1 dans des événementsqui sont des batailles aussi ; c’est pourtant pour rame-ner un tel résultat que la doctrine a dépensé 300 mil-lions depuis 25 ans et qu’elle va les tripler en fortifiantParis.
Voici, à ce qu’il paraît, ce que les doctrinaires se sontdit : n Puisque les armées deviennent infiniment plus« nombreuses et plus mobiles , faisons les places plus« grandes et plus écartées ; par là nous conser verons la« même proportion ; l’on s’est dit encore , faisons du« Darçon ; mais du Darçon en grand. » Qu aie d ce sys-tème reçut le jour , la France était également double enétendue et en population ; mais l’on n’a pas fait atten-tion que l'on ne faisait quétendre sur une plus grandeéchelle tous les vices de la disposition miniature modèle ;en quadruplant les distances, l’on a agrandi les trouées,et l’on s’est éloigné de la théorie de la barrière de Vau-ban ; en quadruplant la grandeur des places, l’on qua-druple la force de leurs garnisons et alors l’on anni-hile d’autant plus sûrement les armées. L’on rend euoutre les approvisionnements plus coûteux , moins rapi-des , les communications et les rapports entre les placesplus difficiles et les désastres plus grands, puisque cha-que place prise devient une catastrophe. Achille n étaitvulnérable qu’au talon ; quand vous devenez vulnérablespartout , vous avez 182 talons, c’est-à-dire 182 places!
D’où peut venir cette prodigalité effrayante des moyens