canonneries deWagram et de Friedland sans résultats!la décadence de l’art à Iéna , à Austerlitz ( I ) ! !
Ce qui était arrivé aux anciens à l’égard de la puis-sance des remparts, arriva aussi à la féodalité égalementsans artillerie. Ce système politique, né de la conquêtedes barbares, partagea l’Europe en une infinité de petitesprincipautés souveraines. Chaque capitaine d’Arioviste,ou de ses imitateurs , ayant sa bande cantonnée dansun village, s’adjugea ce village en toute propriété. Ceschefs secouèrent les rapports d’hiérarchie avec le chef su-prême. Chacun, devenant doublement francli de race etde subordination, éleva un chàteau-fort contre les entre-prises des compagnies voisines , et comme on ne peutpas enlever un château à coups de flèches ou de francis-ques , l’Europe se couvrit de tours et de donjons. Lasolidité de ces constructions les fit durer par delà l’em-ploi de ces armes, et quand le canon et le fusil naquirent,les hommes trouvant encore ces remparts sur pied ,conservèrent l'idée de leurs qualités guerrières, tantparce qu’elles étaient écrites sur le sol, mais en caractèresgothiques, que parce que ceux d’entre eux qui étudiaientl’art militaire ne pouvaient non plus le faire que dansles anciens écrivains ; en sorte que le grand emploi con-tinué des retranchements se propagea de l’antiquité aumoyen âge, et de là jusqu’à nous , et vient de la mêmesource que la cuirasse et le bouclier : c’est une seule etmême idée , très-conséquente de la part des anciens enraison de leurs armes , et très-peu logique de la part desmodernes (2); au moins telle est notre opinion fondée surla puissance toujours croissante de l’artillerie.
(i) Darçon, page 65 .
(2^ L’on a voulu faire de la zone fortifiée le produit d’une profonde combinai-son militaire, et pourtant ce fut l’effet d’une sorte de hasard résultant d’une de-cision des états-généraux de 1G2G. La féodalité expirante avait laissé la France