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Ainsi, il devait arriver ce qui arriva en effet à l’em-pereur Ferdinand III contre Gustave-Adolphe, qui le pre-mier mesura toute la différence du canon au javelot ; endeux ans celui-ci, avec moins de 20,000 Suédois, avaitpris i 30 forteresses et conquis tout l’empire germanique.L’empereur voulait défendre son pays par la méthodedes anciens quand il était attaqué par la méthode desmodernes. L’assassinat, fortuit peut-être , du héros putseul sauver l’Allemagne. Louis XIV, en 1708, faillitéprouver le même sort, la république française en fitl’expérience déplorable en 1793 et 1799 , la Hollande en1672, l’Autriche en 1800 et 1805, et Napoléon lui-mêmeen 1813, 1814 et 1815; lui qui avait si bien comprisle grand Gustave , tomba aussi dans les filets de la doc-trine.
Car bien que la doctrine ait appelé ces dernières an-nées des époques exceptionnelles, il s’y passa pourtantles mêmes choses qu’en 1630, 1631 et 1632, et quependant les autres temps que nous venons de citer , laméthode, les moyens, les résultats, tout y est identique,sauf quelques dét ails d’exécution, et comme nous prépa-rons aujourd’hui les mêmes éléments de résistance , jelaisse à penser quels résultats et quelles catastrophes enseront les conséquences forcées et futures !
Le doctrinaire est un homme qui n’apprécie pas bienla révolution quei le canon a faite ; il en nie , aujour-d’hui , la haute puissance ; il prétend même dans unsiège arriver à teirme avec la pelle et la pioche ; il ferait
couverte de places forleis. L’assemblée arrêta que toutes celles de l’intérieurseraient démantelées. Le 1 cardinal de Richelieu l'obtint comme mesure fiscale,afin d’alléger le trésor obéré, en sorte qu’il ne resta de ces places que celles quiavoisinaient les frontières. Ce fut par contre-coup un moyen d’affaiblir les grandsseigneurs et les réformées; mais dans aucun cas ce ne fut une combinaison dé-fensive contre l’étranger'; on veut aujourd’hui refaire une France telle qu’eiicétait avant Richelieu, pair une pensée toute rétrograde.
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