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devant Clermont, si toutefois Gcrgovie fut une ville for-tifiée, ou plutôt une montagne, une position naturelle ,un oppida de la chaîne du Puy-de-Dôme; mais César avaitséparé son armée : la moitié était sous Lahiénus, dueôléde Paris. Bien plus, le général romain n’ëprouva dansles Gaules qu’une seule vraie catastrophe, et l’année 54avant notre ère le manque de récoltes le porte à adopterle système doctrinaire. Il tire une grande ligne de campsretranchés à travers les Gaules, depuis Gand sur la Lysjusqu’à Martigny aux sources du Rhône ; mais Bientôtces garnisons sont assaillies ; Arnhiorix emporte le campdeSabinius; celui de Cicéron vers Namur ne se soutientqu’avec peine , et Galba est forcé à évacuer celui de Mar-tigny après des pertes considérables : César avait fait uncordon défensif doctrinaire.
Dans la guerre civile , après avoir passé le Rubicon ,César enlève Rimini, Corfinium, Rome, Brindes ; aucuneplace ne peut couvrir Pompée. Attaque-t-il l’Espagne,Lérida, Mesquinença sont témoins de la défaite d’Afra-nius, et ailleurs , Marseille capitule malgré ses flottes etses fureurs. A Dyrachium Pompée résiste ; là les deuxantagonistes font assaut de remparts : Romains contreRomains, c’est le trident de Neptune qui fait triompherPompée ; alors César le manœuvre, l’entraîne sur ses paset triomphe à Pharsalc malgré le camp retranché élevé àgrands frais.
La campagne d’Alexandrie présente le singulier spec-tacle de la moitié d’une place qui assiège l’autre moitiéet réciproquement. César, cette fois, tient l’empire dela mer , il triomphe ; mais remarquons-le, ce fut encorepar une manœuvre : la querelle se décida en plaine à 20lieues d’Alexandrie sur les rives du Nil, où le généralromain a transporté la guerre. Pendant qu’il était ainsiabsorbé en Egypte, scs lieutenants perdent en Asie une