n’avait fait aucun approvisionnement, aucun maga-sin ; j’ai vu des tableaux de mouvements d’hôpitaux decette époque laissés sans vivres, sans médicaments, sansargent, qui portaient, sans qu’il y eût eu combats, laperte à 1|20 par jour dans la dernière moitié des blocus.S’il y a la maladie des hôpitaux, l’on peut dire avec plusde vérité encore qu’tl y a aussi la maladie des places-for-tes. Qu’on lise l’histoire de Wezel, de Gertruydemberg,de Torgau, de Dresde, de Dantzick, de Gênes et de milleautres, et alors que l’on me démente. C’est la faute desgouvernements, dira-t-on, et non celle des places ; cecin’est qu’un subterfuge, parce que les gouvernements, aumoment du danger, ne peuvent avoir assez d’argent pourfaire face à tout ; pourquoi donc les porter à faire unusage immodéré de machines si difficiles à mettre en étatde fonctionner d’une manière utile?
C’est une singulière manière de rétablir l’équilibre nu-mérique entre une armée peu nombreuse et une armée en-nemie supérieure, que de dire à la première : Tous êtesfaible. Eh bien ! pour vous renforcer, détachez beaucoupde garnisons; par ce moyen vous rétablirez l’équilibre.Nous allons juger par le tableau suivant des résultatsd’une telle pratique repoussée par Turenne.
Une fois ces masses énormes concentrées aux portes de Paris, au centre dela France, imprudence énorme! Napoléon ne peut plus rien! il ne fallut rienmoins que la fausse manœuvre de Schwartzemberg et de Blücher, pourjui redon-ner une chance; mais elle ne fut pas assez prolongée. Les deux armées enne-mies, par une retraite rapide, finirent par se concentrer de nouveau dans la pro-portion de six contre un, et par envelopper la faible armée de Napoléon, dontla moitié des forces, grâce à son génie, parvinrent à se retirer de ce cercle étouf-fant en franchissant la Marne près de Vitry. Quoi qu’il en soit, l’invasion de 1814fut beaucoup plus savante que l’on ne le croit; elle a été conduite selon lesbonnes règles, sauT quelques fautes que le grand nombre put pallier; l’on peutdire que le principe des alliés de J8i4 surpassait la portée de Bliicheret deSchwartzemberg, et que l’on y reconnaît la main d’un plus grand maître cachéclans les coulisses.