ET DE PRUSSE.
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leurs moyens : enfin la France entière protestaavec enthousiasme de son dévouement à la chosepublique.
Il fut question de faire construire, pour la des-cente, des bateaux plats et des péniches, qui nepouvaient offrir que peu de prise aux bouletsennemis.
A l’époque où les brouillards couvrent le canalde la Manche, et lorsque le gros temps force lesvaisseaux de haut-bord à s’abriter, ces embarca-tions ne devant être manœuvrées qu’à la rame,pouvaient plus facilement échapper à la surveil-lance de la croisière.
Cent soixante mille hommes devaient être por-tés par ces faibles barques sur les côtes d’Angle-terre.
Personne ne paraissait douter de la réussite decette entreprise. Le délire et l’exaltation étaientà leur comble, et chaque Français, voyant danscette opération gigantesque la conquête certainede trois royaumes, s’empressa d’y concourir detous ses moyens.