308 CAMPAGNES d’aLLEMAGNE
lui avaient suffi pour arriver jusqu’à la tombe deFrédéric ! Le petit-fils du héros prussien n’avaitpas même songé, en fuyant, à emporter son
épée ; peut-être parut-elle trop pesante à la main
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débile du pâle héritier d un grand homme. Na-poléon trouva également la ceinture que ce princeavait portée dans la guerre dq^sept ans, et legrand cordon de ses ordres. Alors, se saisissantde ces trophées, il s’écria avec enthousiasme :« J’aime mieux cela que vingt millions ; je les» enverrai à mes vieux soldats des campagnes de» Hanovre ! J’en ferai présent au gouverneur des» Invalides, qui les gardera comme un lémoi-» gnage des victoires de la grande armée, et de» la vengeance qu’elle a tirée des désastres de» Rosbach! »
Après avoir également visité, avec un respectreligieux, le caveau où les restes de Frédéric-le-Grand étaient déposés dans un cercueil debois de cèdre, recouvert en cuivre et sans orne-mens, Napoléon se dirigea sur la route de Ber-lin , par l’avenue de Charlottcnbourg, et fit son