Band 
Tome premier.
Seite
26
JPEG-Download
 

26 HISTOIRE DE LA GUERREsoleil clans son midi: c’est précisément le casoù se trouva la cour de Madrid. Godoy fut pen-dant longtemps en opposition avec Ferdinand,prince des Asturies, et l’animosité qui existaitentre eux était si violente, qu’il suffisait queGodoy adoptât une certaine ligne de conduiteen politique pour déterminer Ferdinand à adop-ter la ligne contraire. Aussi dès que les sentimentshostiles de Godoy furent connus, Ferdinand sehata de se déclarer le champion des intérêts dela France. Il fit plus : il adressa une lettre par-ticulière à Napoléon dans laquelle il le sup-pliait de délivrer ses père et mère de l’influenced’un favori artificieux, d’affranchir l’Espagnede la tyrannie d’un parvenu, et de lui faire l’hon-neur de l’allier, lui Ferdinand, par un mariage,à la famille impériale. On ignore si Bonaparteeut jamais l’intention de lui accorder ces de-mandes , mais ce qu’il y a de certain c’est qu’ilrépondit gracieusement à la lettre de Ferdi-nand ', et qu’il consentit sans hésiter à devenir

' L’auteur se trompe. L’empereur ne répondit point, n’acceptapoint l’arbitrage, et ne se servit plus tard de son influence quepour calmer l’affaire del’Escurial. Voir la lettre à Ferdinand.

Lettre de l'empereur Napoléon à Fer/inand.

Mon frère, j’ai reçu la lettre de votre altessî royale; elle doitavoir acquis la preuve, dans les papiers qu’ellt a eus du roi son