DE LA PÉNINSULE. 3 7
reuse. Ce fut avec une peine extrême qu’il par-vint à fournir à chacun d’eux des vivres pourdeux jours. Malgré cela il fallait obéir aux or-dres de l’empereur ; et le 19, après des proclama-tions où l’on promettait de préserver de touteinsulte les Portugais qui demeureraient enrepos, et où l’on menaçait du traitement le plusrigoureux ceux qui s’opposeraient #ux progrèsdes troupes qui venaient dans le seul but de lesdélivrer du joug de l’Angleterre, les armées con-fédérées se mirent en mouvement
Nous ne suivrons pas'scrupuleusement tous lesprogrès de l’armée de Junot : il suffira d’ob-server que bien qu’en général les paysans de-meurassent fort tranquilles dans leurs chau-mières, ou qu’au pis aller ils les abandonnassentpour se réfugier dans les montagnes, le passagedes envahisseurs fut marqué par la dévastationdes propriétés et l’incendie de villages entiers.Nonobstant cela, et bien qu’il ne se soit pastiré un seul coup de canon depuis la frontière deFrance jusqu’à Lisbonne, il ne faut pas s’imagi-ner que cette promenade militaire fut agréable àceux qui la firent : l’hiver, quoique peu avancé,se faisait déjà vivement sentir; et la pluie tom-bant en abondance rendait impraticables les sen-tiers tracés confusément sur le revers des mon-tagnes , ou transformait en larges rivières des