DE LA PÉNINSULE. 69
rent leur consentement à fuir, et l’on s’occupa àl’instant des préparatifs nécessaires pour assurerrembarquement.
Dans cette vue le corps du général Solano futrappelé de l’Alentejo et destiné à occuper lesmontagnes du Guadarrama. Des détachementsd’infanterie, de cavalerie et d’artillerie reçurentl’ordre de couvrir la route de Madrid à Séville,tandis que les gardes-du-corps, neuf escadronsdes carabiniers royaux, les gardes espagnoleset wallones, et les régiments d’infanterie et decavalerie qui formaient la garnison de Madrid,se rendirent de la capitale à Aranjuez où se trou-vait la cour. Enfin tout ce qui se liait aux pré-paratifs de départ était en pleine activité , lors-qu’une révolte inattendue anéantit tout à-la-foisles intentions de Godoy et du roi.
Bien que les plus grandes précautions eussentété prises pour tenir ces préparatifs secrets, onne put empêcher qu’un bruit ne transpirât surl’émigration projetée. Les Espagnols s’affligèrentprofondément de se voir abandonnés par le roi,et on donna à entendre que Ferdinand ayantmanifesté la plus grande aversion pour cettemesure, elle ne devait être attribuée qu’aux con-seils intéressés et criminels du prince de la Paix.La haine qu’on nourrissait pour ce dernier pritalors une nouvelle vigueur et fut partagée par