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Tome premier.
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DE LA PENINSULE. 7 3

assez à temps pour être le témoin de l’entréetriomphale de Ferdinand dans Madrid. Ce spec-tacle produisit son effet sur l’esprit du maréchal :il vit que les sentiments du peuple étaient favo-rables au roi ; et il prévit dès-lors ce qui devaitarriver quelques jours après.

Beauharnais occupait à cette époque le posted’ambassadeur près la cour d’Espagne. Il étaittout naturel que Ferdinand se fit reconnaître ensa nouvelle dignité par celui-ci et par le lieute-nant de l’empereur ; mais ni l’un ni l’autre n’a-vait reçu d’instructions à cet égard ; cependantdès que les troupes françaises présentèrent unemasse assez imposante, tous les deux manifestè-rent évidemment que leur maître ne serait pasdisposé à voir favorablement la révolution qui ve-nait de s’opérer 1 . Ferdinand n’eut pas même leurvisite, et n’obtint d’eux que le titre de prince desAsturies. Us entrèrent en correspondance avec leroi Charles et la reine ; et la garde espagnole, àqui était confié le soin de leurs personnes àAranjuez, fut remplacée par une garde fran-çaise. Ces actes de Murat et de Beauharnais alar-mèrent le nouveau roi, et ses craintes augmentè-rent encore quand il vit le temps s’écouler sans

1 Charles IV protestait. Dès-lors ils pouvaient bien prévoir quel’empereur ne se prêterait pas volontiers à une reconnaissance quidépouillait son allié.