78 HISTOIRE DE LA GUERREaspect plus alarmant en Espagne. Bien qu’il n’yeût encore nulle part d’insurrection manifeste,il arrivait fréquemment des rixes suivies de partet d’autre de graves résultats entre les soldatsfrançais et les habitants. Les Français, en ne pre-nant plus la peine de cacher aux Espagnols queles prétentions de Ferdinand ne seraient jamaisreconnues par leur maître, ne firent par-là queprovoquer ces derniers à crier avec plus d’en-thousiasme Vive à jamais Ferdinand! jusqu a cequ’enfin les partisans de ce prince en vinrentà se regarder et à être regardés par les autrescomme les ennemis personnels des envahisseursdu pays. La fermentation fut si vive à Tolède,qu’il ne fallut rien moins que la prompte arri-vée de Dupont, accouru d’Aranjuez avec uneforte division, pour empêcher une insurrectiond’éçlater, et préserver la tranquillité publique.Mais les évènements qui devaient amener cetterésistance universelle, destinée à porter un coupirréparable à l’influence française, se dévelop-paient avec une rapidité étonnante.
11 ne restait à Madrid, vers la fin d’avril, d’au-tres membres de la famille royale que la reined’Étrurie, ses enfants, son frère, l’infant donFrancisco de Paulo, et don Antonio, présidentde la régence. Le grand-duc de Berg reçut unelettre de Charles IV qui l’engageait à les faire