DE LA PÉNINSULE. 79
tous partir pour Bayonne. Lorsque cette lettrearriva, le peuple de Madrid était dans un étatviolent d’agitation occasioné par les bruits ré-pandus sur ce qui se passait au congrès deBayonne, et que toute la vigilance de Napoléonet de ses agents ne put tenir secret. Chaquejouron voyait des hommes, des femmes et des en-fants se rassembler en foule vers le bureau de laposte aux lettres, pour attendre avec anxiété lesnouvelles. Le courrier venait-il à manquer, ouétait-il simplement en retard, les signes d’un ef-frayant mécontentement se manifestaient. Telleétait la disposition où se trouvaient les habitantsde Madrid lorsqu’on leur fit connaître la déter-mination que Murat avait prise au sujet du pré-sident de la junte, et du reste de sa famille. Usprotestèrent qu’on 11e les arracherait pas du mi-lieu d’eux ; mais, malgré cette protestation , lespréparatifs de départ s’effectuaient. On était alorsau i e ‘ mai, et depuis deux jours la poste man-quait. Le lendemain elle était encore en retard,lorsque le hruit se répandit que les voitures de lacour étaient attelées, et que les princes se prépa-raient à partir. Le peuple se porta vers le palais,coupa les traits des chevaux, et fit rentrer lesvoitures dans les cours. Un aide-de-camp deMurat passant dans ce moment fut accablé d’in-sultes, les coups succédèrent aux injures; et