DE LA PÉNINSULE. 9 3
Echeverria rallia les tx’oupes régulières aprèsquelles eurent abandonné leur position, et ilcommença sa retraite en bon ordre ; mais la ca-valerie française les rompit : dès-lors la déroutedevint générale.
Dupont ne perdit pas de temps à profiter deses succès : il atteignit Cordoue pendant la nuit,et, trouvant les portes fermées et s’apercevantqu’on se préparait à se défendre, il ordonnal’assaut. Une décharge d’artillerie suffit pour bri-ser les portes, et les soldats se précipitant pêle-mêle dans la ville balayèrent les rues par unfeu roulant de mousqueterie. Ce fut peut-êtrel’acte le plus violent et le plus froidement cruelde tous ceux qui se commirent pendant laguerre; car le peuple n’apporta aucune résis-tance , à quelques coups de fusil près qui furenttirés au hasard des croisées. Mais on jugea con-venable dans l’état des choses de frapper les Es-pagnols de terreur ; c’est dans ce but que Cordouefut livrée au pillage.
Bien que Dupont eût réussi jusqu’alors dansson entreprise, sa situation était loin d’être ras-surante. Des bandes de paysans se formaient, etdevinrent bientôt assez fortes pour l’environnerde toutes parts ; et telle était leur audace que lessoldats isolés, ou même de petits détachements,ne pouvaient s’écarter sans courir le risque d’être