IOO
HISTOIRE DE LA GUERRE
Morena. La dépêche de Védel avait ouvert lesyeux de ce dernier sur les périls réels de sa situa-tion. Il voyait que le point sur lequel il avaitcraint d’abord d’être attaqué n’était, raisonnantpar comparaison, que d’une légère importance,et que c’était principalement pour ses derrièresqu’il avait sujet d’appréhender. Il se détermina,malgré sa répugnance, à abandonner Andujaret à continuer sa retraite jusqu a Carolina, d’oùil pourrait à loisir faire des dispositions offen-sives ou défensives selon que les circonstancesl’exigeraient.
En conséquence il quitta la ville le 18 à la nuittombante ; mais sa marche fut lente et embarras-sée, à cause de la multitude de voitures et decharrettes qu’il traînait avec lui. Bien que la têtede sa colonne se mit en route vers les dix heures,le jour commençait à paraître quand les der-nières sections sortirent de la ville; et lorsquele combat s’engagea, elles se trouvaient à unedistance de trois lieues des premières. Il futheureux pour les Espagnols commandés parRecling que Dupont eût songé à prendre tant desoin pour conserver le fruit de ses pillages. Sil’armée française eût pu se présenter en masse aumoment du combat, ses ennemis, quoique braveset résolus d’ailleurs, n’auraient pu soutenir lechoc, car la force numérique était presque égale