io 4 HISTOIRE DE LA GUERREpas ses desseins sans éprouver de la résistance, etil prit les mesures que la prudence exige quandon s’engage dans une entreprise dont le résultatest plus que douteux. Les troupes qui le suivirents’élevaient de huit à neuf mille hommes de toutesarmes. Deux bataillons des gardes espagnole etwallone, et trois compagnies des gardes-du-corpsdu roi stationnés sur la ligne qu’il allait parcou-rir, devaient se joindre à lui; il obtint en outreque la division Chabran, forte de cinq millehommes, et stationnée dans les environs de Tor-tose, fût mise à sa disposition. Il pensa qu’avec depareils moyens il pourrait vaincre la résistanceque lui opposeraient les paysans armés; et ilaurait probablement réussi s’il avait pu réuniren effet sous son commandement les troupes surlesquelles il comptait.
Moncey arriva le 11 à Cuença, où, au lieud’une forte brigade d’Espagnols, il ne trouvaque les cadres de quelques compagnies, le resteayant passé aux insurgés. Comme on doit s’yattendre il fut tout à-la-fois désappointé et alarmépar cette circonstance. Il écrivit sur-le-champ àMadrid pour qu’une brigade marchât de cetteville sur Alhacette, afin de couvrir sa droite. Ildétacha en outre un aide-de-camp au général Cha-bran pour lui ordonner de se rendre de suite à Cas-tellar de la Plana, afin de prendre sous ses ordres