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Tome premier.
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DE LA PÉNINSULE,les Espagnols construisirent leurs fortificationslors du dernier blocus, et d’où ils jetèrent quel-ques bombes dans le fort : ils ne firent pourtantque peu ou point de mal, et certainement riend’assez important pour faciliter le siège. Quoiqu’il en soit, telle fut l’insouciance des Portugaisqu’ils ne prirent pas la peine de réparer le légerdommage qui avait été causé. Tout y était dansle plus grand désordre ; et on eut dit qu’on vou-lait laisser au génie des ruines le soin de détruireun ouvrage qu’on devait considérer comme unmonument de l’art, quand même des motifsplus puissants n’auraient pas exigé qu’on veillâtà sa conservation.

Après avoir passé la nuit à Elvas, nous nousremîmes en route au point du jour; nous pas-sâmes au milieu d’une plaine fort étendue, ettraversâmes la Guadiana à Baclajoz , capitale del’Estramadure. Nous voici en Espagne, et jen’oublierai jamais l’impression que me causa lecontraste que je remarquai entre les Portugais etles Espagnols. En général les peuplades qui habi-tent les frontières ressemblent beaucoup aux na-tions que ces frontières divisent, et les différencesqui existent entre elles se mélangent au point dedisparaître complètement. Il n’en est pas ainsisur les frontières de l’Espagne et du Portugal.Le paysan .qui cultive son champ ou qui fait