DE LA PÉNINSULE. 187
notre passage, l’air de leurs vivats, et qui nousaccablaient de promesses et de protestations,quelque incapables qu’ils fussent d’ailleurs d’ac-complir les unes et de prouver les autres ! La vé-rité est que les Espagnols sont graves, orgueil-leux , et indépendants ; possédant d’excellentesqualités, et ne l’ignorant pas, ils se croient au -torisés à trop s’en prévaloir. Ils se donnaient uneimportance extrême à cause de leurs dernièresvictoires, au moment même de notre arrivée ; ilsse piquaient au vif pour des injures imaginaires,provoquaient même nos soldats, et se querel-laient avec eux. Cependant aucun trouble sérieuxn’éclata pendant notre séjour, tant la disciplinede nos troupes était excellente; mais il arriva[ une foule de petits incidents qui suffirent pournous faire connaître l’esprit qui animait cettenation. Malgré cela, nous ne pouvions nous em-pêcher de remarquer dans le caractère et lesmanières des Espagnols quelque chose qui com-mandait le respect. Les Portugais ont besoindetreaiguillonnés;ils sont indolents, paresseux,et en général sans ressource par eux-mêmes. Onpeut pourtant s’en faire de fidèles alliés, et par-venir à les rendre utiles, mais il est impossible dejamais les respecter. Dans les Espagnols c’est lecontraire : leur caractère offre un mélange d’or-gueil et d’indépendance qu’on ne peut qu’admi-