I 9 6 histoire de la guerre
de n’agir que conjointement avec les Espagnols,et lorsqu’il aurait réuni toute son armée. Il étaitévident qu’il fallait moins compter que ja-mais sur le concours unanime de ces dernierstant que la guerre ne serait pas plus engagée. Onse demandait alors si cette certitude ne change-rait pas l’opinion du général anglais, et s’il pour-rait s’abstenir de tenter un coup de main avectrente mille hommes et une brillante cavalerie.On avait bien des raisons pour craindre qu’il nele voulût pas, quoique toute l’armée sentît quec’était le moment ou jamais de le tenter. Il estvrai que le bruit courait que Napoléon était àBurgos ou à Vittoria, et que de fortes massesd’infanterie et de cavalerie étaient en marcbepourle rejoindre; mais on apprenait en même tempsque les troupes françaises disponibles n’excé-daient pas le nombre des Anglais sous les ordresde sir John. Pourquoi donc n’aurait-il pas essayéde les mettre en action?
D’un autre côté, la junte éprouvait les plusvives craintes que Madrid ne tombât encore unefois au pouvoir de l’ennemi. Elle importunaitjournellement le général Moore par ses prières;elle le suppliait, en cas qu’il éprouvât des revers,de se retirer, non point vers le Portugal ou dansle nord, mais sur la capitale, et demandait par-ticulièrement que le corps du général Hope fût