206 HISTOIRE DE LA GUERREjuntes, qui se méfiaient des généraux espagnolsen proportion de leurs talents, avaient mis à sestrousses, il fut forcé par eux d’adopter une réso-lution dont il sentait toute la témérité : de Cala-horra, il se rejeta sur Tudela où il risqua labataille. Ainsi qu’il l’avait prévu son armée in-disciplinée fut battue ; et ce ne fut pas sans diffi-cultés qu’il parvint, après la défaite, à rassemblerun nombre suffisant de soldats pour former lenoyau d’une autre. Il se retira, ou plutôt il s’en-fuit à Calatayud, où lui et les siens essuyèrenttoutes les misères de l’abandon et même de lafamine.
On apprit bientôt que l’ennemi s’avancait enforce vers Ségovie ; et quoique cette ville fût oc-cupée par une division de six mille hommes del’armée de San-Juan, sous les ordres du géné-ral Aradia, on ne se flattait guère qu'il arrêtâtpendant long-temps les progrès des Français.On calculait la résistance qu’offrirait Ségovie parla facilité qu’aurait San-Juan de garder les dé-filés de Somo-Sierra : dans le cas où ce derniers’y maintiendrait, le général Aradia devait con-server son poste jusqu’à la dernière extrémité ;mais si ces défilés étaient emportés, il devaitse retirer sur ceux du Guadarama. Si les troupesde Valladolid empêchaient notre jonction avecsir John Moore, ces défilés étaient pour nous la