21 4 HISTOIRE DE LA GUERRE
cés, et une hauteur et une irritabilité de carac-tère insultantes pour leui’s alliés : les Françaisne s’étaient pas encore montrés parmi eux ; ilsne connaissaient encore que par ouï - dire lessouffrances et les revers que leurs compatriotesconnaissaient pour les avoir éprouvés. C’est avecaussi peu de justice qu’on se disculperait en di-sant que les habitants de la vieille Castille neméritaient aucune assistance, parcequ’ils semontraient peu disposés à se défendre ou qu’ilsen étaient incapables : ils offrent, sans contre-dit, un pauvre échantillon du caractère espa-gnol ; on remarque parmi eux la même in-souciance et la mêm^ paresse que parmi lesPortugais : mais les Castillans ne forment qu’unepetite partie de la nation. L’Espagne ne devaitpas être abandonnée parceque quelques uns deses enfants s’étaient montrés faibles ou orgueil-leux.
Cependant Napoléon lui-même entrait encampagne; son quartier-général était déjà àAranda. On regrettait qu’Alexandre ne l’eût pasretenu plus long-temps à Erfurth, il paraissaittrop tôt pour nous sur le théâtre de la guerre.Néanmoins, Napoléon n’était pas invincible. Aureste, il n’y avait ni unanimité, ni vigueur, niénergie, dans la conduite du gouvernement etdes chefs espagnols. Au lieu de nommer un gé-