2l3
DE LA PÉNINSULE,haute importance ; mais c’était le dernier coupque l’Angleterre eût à jouer, et ses soldats sen-taient la nécessité de le jouer hardiment.
Telles étaient les idées qui nous venaient dansl’esprit, et qui y prenaient racine malgré les nou-velles affligeantes que nous recevions de toutesparts; l’indifférence et l’inactivité mêmes desPortugais , quelque excessives quelles fussent,n’altéraient pas notre opinion. Il est vrai quenous comptions peu sur eux. Ce peuple ne dé-ploie d’énergie que lorsqu’il s’agit de processions;et son gouvernement, soit manque de pouvoir,soit incapacité, ne fit aucun effort pour noussoutenir : il refusa mime d’établir quelquespostes de dragons pour assurer les communica-tions entre l’armée de sir John Moore et celle ducommandant anglais à Lisbonne, quoique lademande lui en fût faite au nom de ces deuxgénéraux. En Espagne c’était bien différent; lepeuple, à quelques bien faibles exceptions près,était animé du plus vif patriotisme. Madrid sur-tout donnait des preuves du plus grand zèle, etla vue seule d’un uniforme anglais faisait éclaterla joie et l’enthousiasme parmi ses habitants.Pourquoi abandonner ainsi de tels hommes?c’est en vain qu’on s’excuserait sur ce que lesEspagnols de l’Estramadure et de Tolède avaientmanifesté un orgueil et un amour-propre dépla-