a 2 6 HISTOIRE DE LA GUERREcourir un double risque ; et même le colonelGraham, qui y avait été envoyé, fut obligé defaire un long détour pour s’y rendre : les opé-rations de l’armée dépendaient du résultat de samission et des nouvelles qu’il rapporterait.
A ces mesures incertaines, et plus encore à lamanière de converser du général, on s’aperce-vait de l’inquiétude dont son esprit était agité.De son vivant, chacun le considérait comme unofficier de grande distinction, et la postérité ne dé-mentira pas ce jugement; mais il était trop ma-nifeste que la responsabilité dont il était chargéet la crainte de se compromettre, en se jetant,ainsi que son armée, dans des difficultés dont ilne pourrait se retirer, étaient de puissants mo-tifs pour empêcher qu’il ne fît un usage conve-nable de ses talents. Sir John Moore s’était acquisune brillante réputation comme général de di-vision; il le savait, et peut-être netait-il pasdisposé à la risquer ; dans tous les cas il était in-capable de mépriser quelques obstacles partielslorsqu’il s’agissait d’un immense avantage à ob-tenir: en un mot, ce n’était pas un Wellington.La preuve de cela c’est que, dans le momentmême où il faisait des préparatifs pour s’avanceren Espagne, toutes ses pensées étaient dirigéesvers la frontière du Portugal. Si quelqu’un luiparlait de la possibilité d’atteindre Valladolid, et