DE LA PÉNINSULE. ?.r>f>
de trois mille hommes, par la route d’Orense,qui est plus courte, mais plus difficile, afind’empêcher l’ennemi de gagner du terrain surlui, pendant qu’il prendrait la route d’Astorgaet de Villa-Franca, qui, quoique la plus lon-gue, était celle qui offrait le plus de sûretc. Ilfut rejoint dans la première de ces villes par lesdivisions de sir David Baird ; et ce fut là, ainsique je l’ai dit, que tous les objets , soit publics,soit particuliers, qu’on ne pouvait transporterfurent détruits. L’armée continua ensuite sa re-traite dans letat le plus déplorable où elle se soitjamais trouvée.
La route d’Astorga à Villa-Franca passe àtravers les villages de Torre, Benivrede, Pon-ferrada, et un pays qui offre, plus qu’aucun autrede l’Europe, une diversité de scènes imposantes.Pendant quatre ou cinq lieues elle se prolongesur le vers d’une montagne escarpée, stérile, etdécouverte ; et, arrivé au sommet, on se trouveà l’entrée de défilés épouvantables, que millehommes résolus pourraient aisément défendrecontre un nombre dix fois plus fort. Ces défiléss’'étendent jusqu’au village de Torre, distant detrois lieues; après quoi la perspective, qui estformée de montagnes, de collines, de vallées, etde rochers, devient admirable. Nous ne la vîmespas avec avantage, parcequeles hauteurs étaient