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HISTOIRE DE LA GUERREnous ne faisions de courtes haltes que pour don-ner à nos soldats le temps de rejoindre, encoreceux qui étaient ou ivres ou trop fatigués étaient-ils obligés de rester en arrière. Ce ne fut qu’avecla plus vive répugnance, et après avoir tenté desefforts inouïs, que nous abandonnâmes dansBenivedre ceux qui s’y étaient arrêtés : nous ylaissâmes même, après le départ de l’arrière-garde , dans le dessein de les protéger, un déta-chement de cavalerie qui ne quitta ce village queloi’sque des forces ennemies supérieures y arri-vèrent. Ce fut alors que Benivedre offrit unescène horrible qu’on a déjà fréquemment essayéde décrire, mais dont on ne peut se former l’idéequ'autant qu’on en a été le témoin : des dragonsfrançais poursuivant notre détachement galo-pèrent sur une multitude d’hommes, de femmes,et d’enfants, sabrant à gauche et à droite, sansdistinction d’âge ni de sexe ‘. On n’a pas été cer-tain du nombre de ceux qui périrent ainsi vic-times de leur intempérance, mais on sait qu’il
i II est possible que cette scène de carnage ait été souvent dé-crite, les romanciers anglais ont pu l’adopter de confiance et lareproduire sous toutes les formes sans que pour cela elle soit plusvraie. Une atrocité semblable eut fait bruit, et eût laissé destraçes; or de tous ceux qui ont fait cette campagne, qui en a ja-mais ouï parler dans nos camps ? qui a vu en passant à BenivedreJe lendemain et les jours suivants, on ne dit pas un mort, maisun simple blessé ? Note du traducteur.