DE LA PÉNINSULE. a 7 i
taille avait ramené clans l’armée la confiance etla discipline. Le général comprit alors que la vic-toire seule pourrait forcer l’ennemi à éviter saprésence, et lui laisser la faculté d’embarquerson armée sans obstacle. En conséquence toutela nuit fut employée à dresser des batteries et; àfaire toutes les dispositions que les circonstancessemblaient exiger ; mais tous nos préparatifs fu-rent inutiles 1 . Nous restâmes en position la jour-
' L’armée française suivait les Anglais ; elle parcourait par con-séquent les mêmes lieux, essuyait les mêmes fatigues, et ne trou-vait plus ni les subsistances ni les vins dont se gorgeaient lestroupes qu’elle chassait devant elle. Cependant l’une fut tout-à-fait démoralisée, et l’autre supporta sans trop de peine les priva-tions de la poursuite. Où est donc encore la supériorité du soldatanglais? Revenons aux opérations. Le temps était horrible, lamarche extrêmement difficile ; la tête de la colonne était devantLugo, mais la queue était à une distance considérable : elle n’arri-vait que successivement et avec beaucoup de lenteur. Il fallaitdonner aux troupes le temps de respirer, de sécher leurs habits, demettre leurs armes en état. Il fallait en outre reconnaître les posi-tions qu’occupait l’ennemi, faire les dispositions d’attaque: toutcela exigeait du temps. Les préparatifs nécessaires étaient ache-vés , les corps étaient en mouvement pour aborder l’ennemi, lors-qu’on apprit qu’il était de nouveau en retraite. Qu’y a-t-il donc làdont l’auteur puisse s’émerveiller? Si son chef avait envie délivrerbataille, que n’attendait-il? Les vivres ne manquaient pas, il n’a-vait aucun motif bien grave de déloger si vite ; il en avait mêmede gagner du temps, ne fùt-ce que pour donner à la flotte celuide venir le recueillir. Quant à la force respective des deux armées,la nôtre comptait au plus vingt mille hommes. L’auteur connaîtsans doute le nombre de ceux qui combattaient sous les drapeauxde sa nation; qu’il dise où était la supériorité.