3o4 HISTOIRE DE LA GUERRE
pas improbable que, profitant de nos avantages,nous portassions ensuite la guerre en Espagne.
Les données que nous avions sur le nombrede troupes qui composaient les corps des maré-chaux Soult et Victor n'étaient pas plus certainesque le reste. On présumait seulement au quar-tier-général que le premier avait environ douzemille hommes, et l’autre vingt-cinq mille ; c’estpourquoi la question de déterminer s’il ne con-viendrait pas mieux cle marcher contre Victor,que d’essayer de faire quelque tentative sur lenord, devint fort délicate. Il était évident, d’uncôté, que si nous étions en état de battre ce der-nier, la partie se trouvait gagnée; car dans cecas Soult ne s’aventurerait pas à rester à Oporto,et Madrid même serait évacué : de l’autre, ilétait plus que hasardeux d’abandonner Lisbonne,et de laisser Soult avec son armée sur nos der-rières. Ces sujets exigeaient de profondes médi-tations ; et bien que peu d’hommes possèdent lafaculté d’arriver aussi promptement que sir Ar-thur Wellesley à une détermination judicieuse,il ne voulut pas se décider avant d’avoir pris lesavis de Beresford et de Cradock. Toutefois,afin de ne pas perdre de temps, on s’occupa avecla plu?grande activité de mettre les troupes enétat d’agir dans toutes les directions à la premièresommation qui leur serait faite. Les administra-