DE LA PÉNINSULE. 3ai
les fourrages dont elles avaient besoin. Cepen-dant les marchés étaient bien approvisionnés,et les habitants nous fournissaient volontaire-ment toutes leurs provisions cà des prix modérés ;mais les dépenses qu’exigeait le service de l’arméeétaient énormes. On calcula que les Anglais seulsréunis à Coïmbre dépensaient journellement dixmille livres sterling 1 , et que le service des alliésen coûtait cent mille par semaine 2 . Voici quelétait l’emploi de notre temps : une partie de lajournée se passait à inspecter les différents corpsqui arrivaient, à s’assurer si leurs armes et leuréquipement étaient en bon état; tandis que nousconsacrions le reste à d’autres devoirs, ou à visi-ter les environs de la ville. En passant les troupesen revue il était impossible de ne pas être vive-ment frappé de la supériorité des soldats anglaissur les portugais : ces derniers, d’une taille petiteet d’une complexion grêle, semblaient apparte-nir à la classe disgraciée de la nation. Ils prou-vèrent cependant par la suite qu’ils étaient aussien état que nos soldats de supporter les fatigueset les privations de la guerre, et donnèrent plu-sieurs fois sur le champ de bataille des gages deleur bravoure.
L armée étant enfin réunie, une grande revue
' 25o,ooo francs.
* 2 millions 5oo,ooo francs.