354 HISTOIRE DE LA GUERREles Français avaient laissé quatre ou cinq centsmalades : le bruit courut même que cette villeétait tombée au pouvoir de ce dernier. On assu-rait en même temps que le gros de l’armée es-pagnole était à Gacerès, et on s’attendait à cequ’il marcherait sur Truxillo et Almaraz afin des’emparer du pont. On disait de plus que lesPortugais qui avaient défendu le pont à Alcan-tara s’étaient bien battus, et on croyait géné-ralement que les troupes portugaises, ayant unnombre suffisant d’officiers anglais pour les di-riger, deviendraient bientôt de la plus grandeutilité.
Quant à nos mouvements ultérieurs, per-sonne n’en savait mot, excepté le commandanten chef; encore n’était-il pas entièrement fixé àce sujet, autant que j’ai pu m’en assurer. Quoiqu’il en soit, il est certain qu’il envoya des of-ficiers auprès de Guesta, pour l’informer qu’ilétait prêt à agir avec lui pour attaquer les Fran-çais qui se trouvaient entre Lisbonne et Séville,et pour lui faire connaître en même temps qu’ilne pouvait rien promettre de plus. Le Portugalétait notre champ de bataille, en le quittantnous abandonnions le poste que nous étionsspécialement chargés de protéger. Malgré cela,notre chef consentait à faire tout ce que sesmoyens lui permettaient d’entreprendre; et si