3 7 8 HISTOIRE DE LA GUERREf ût pas encore guéri des contusions qu’il s’étaitfaites à Medelin.
Une décharge générale d’artillerie annonçanotre arrivée au camp. Aussitôt un nombre con-sidérable de torches fut allumé pour éclairer laligne espagnole, et nous permettre de la passeren revue. L’effet que produisit cette clarté sou-daine n’avait pas un caractère ordinaire. Lestorches, placées à des intervalles rapprochés ,ré-pandaient sur la scène principale une lueur rou-geâtre et vacillante, tandis que certains endroitsétaient plongés dans l’obscurité. Les figureschagrines et basanées des soldats, leurs uni-formes foncés, présentaient un tableau imposantchaque fois que des rayons de lumière tom-baient sur eux. Le bruit du canon, le maniementdes armes, mêlés aux voix du commandement,et les honneurs militaires qu’on nous rendait enpassant devant chaque bataillon, tout se réunis-sait pour affecter à-la-fois l’ouïe et la vue. Le lieu,l’instant rendaient intéressant le vieux Cuestalui-même. Ce vieillard nous précédait, moinsassis sur son cheval que soutenu par deuxpages, et courait à tout moment le danger d etrerenversé, soit aux décharges de l’artillerie, soitlorsqu’une torche le frappait d’une clarté tropvive, tant sa débilité physique était grande ; aus-si son entière incapacité pour remplir le poste