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Tome premier.
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DE LA PÉNINSULE. 3 79

qu’il occupait nous parut-elle évidente. Quant àses moyens intellectuels, nous n’eûmes pas l’occa-sion deles juger, car il ne prononça pas cinq pa-roles pendant toute notre visite ; mais ses infirmi-tés corporelles seules prouvaient qu’il ne pouvaitremplir les devoirs d’un général, et qu’il ne de-vait plus songer .qu’à jouir des douceurs d’unevie paisible, loin sur-tout du tumulte des camps.

C’est ainsi que nous passâmes en revue sixmille hommes de cavalerie, placés sur une seuleligne, et vingt bataillons d’infanterie, de chacundix-huit cents hommes : ces troupes ne formaientqu’une portion de l’armée ; le reste étant au pontd’Arzobespo, ou en position le long du Tage. Engénéral c’étaient de beaux hommes; quelques uns,et particulièrement les dernières recrues, étaienttrès jeunes ; mais, à tout prendre, il serait impos-sible de trouver des soldats d’une plus forte cons-titution. Leur équipement ne méritait pas lesmêmes éloges ; quelques bataillons étaient cepen-dant assez bien armés et vêtus, mais en généralles soldats manquaient de tout, et particulière-ment de chaussures. On s’apercevait aisément,à leur attitude et aux mouvements des armes,qu’il régnait peu de discipline parmi eux, etqu’ils ne pouvaient être considérés que commede nouvelles recrues. Enfin, à l’exception desbrigades irlandaises, de deux bataillons de ma-