DE LA PÉNINSULE. 385
le passage que je viens d’indiquer. Maîtresses de la
fertile vallée dePlacencia, elles devaient nous four,nir pendant toute notre marche les provisionsdont nous aurions besoin, et empêcher que lescoureurs de l’ennemi n’y commissent des dégâts.
Toute notre attention s’étant portée sur lesrisques que nous aurions à courir et sur les avan-tages que nous pouvions remporter, il restaittoujours à savoir si Victor nous présenteraitl’occasion de le combattre. Celui qui refusa labataille à Merida et à Truxillo ne devait pasl’accepter à Talavera. Nous n’aurions pu l’enta-mer dans ces premières positions qu’en faisantun mouvement de flanc par Badajoz, qui néces-sairement aurait exposé les Espagnols à être at-taqués par toutes ses forces tandis que nousétions éloignés d’eux, et nous connaissions trop■ bien nos alliés pour ne pas être convaincus del’inefficacité de leur résistance. Mais quand bienj même il en eût été autrement, ou dans la sup-| position que nous eussions trouvé une autreoccasion de battre l’ennemi, sa retraite n’en étaitpas moins assurée, et nous n’aurions pu le suivreque vers le Tage, entourés d’une foule d’obstacles.Dans les positions que Victor occupait actuelle-menl les choses avaient un aspect tout différent.Les montagnes de la Sierra de Gata d’une part, etcelles cl’Arganda de l’autre, nous offraient la