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Les antiquités inédites de l'Attique, contenant les restes d'architecture d'Éleusis, de Rhamnus, de Sunium et de Thoricus / par la Société des Dilettanti ; traduit de l'anglais, augmenté de notes et de plusieurs dessins, par J.J. Hittorff ; la gravure des planches a été exécutée de E. Olivier
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ÉLEUSIS.

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et il a cru nécessaire davoir recours à une excuse pour sêtre abstenu dun détail plus étendusur les monuments intéressants quil rencontrait à chaque pas. Les tombeaux, les statues etles temples étaient en si grand nombre, que le guide Polémon , ainsi quil est établi par lelexique dHarpocration , avait composé tout un ouvrage sur le lepà d&, le chemin sacre, seul.

Cette route célèbre commençait près des lepal IUXat, ou portes sacrées dAthènes . On enreconnaît encore les restes dans une église moderne, qui se trouve éloignée denviron troiscents yards de la porte actuelle; de celle-ci un chemin conduit au Pyrée. Un embranchementsur la droite passe près des ruines dun tombeau actuellement dépouillé de son revêtementen marbre, et qui ne laisse plus voir que la maçonnerie brute. Ce chemin se dirige verslemplacement de lancienne académie.

Peu de pas au-delà de la porte sacrée, sur la route actuelle dÉleusis , on remarque à gaucheun sol inégal et rocailleux, des fouilles récentes ont fait découvrir des tombeaux. Mais leterrain dalentour étant couvert de cultures, toutes les traces du chemin sacré ont disparu,et on nen trouve aucune avant davoir passé, à un mille environ de la porte, sur un pontjeté par-dessus le lit dun petit torrent. Ici plusieurs grandes pierres qui ont conservé, àquelques lacunes près, leur disposition originaire en ligne droite, indiquent lancienne route.De lautre côté, non loin du lit du Cephissus, quelques ruines éparses autour dune cha-pelle moderne désignent lemplacement dun édifice antique. Un morceau dentablementdorique, sur la façade de la chapelle, porte une inscription sépulcrale.

Quoique, dans les mois dété, le Cephissus disparaisse presque entièrement à lendroit lechemin sacré traverse son lit, il coule néanmoins avec rapidité le long de la route dAthènes àThèbes . On profite de ses eaux pour arroser une grande étendue de jardins et le bois doli-viers qui occupe aujourdhui lemplacement des allées couvertes de lacadémie. Leau estdirigée par des rigoles sur les racines de chacun des arbres, autour duquel la terre est creuséeen forme de bassin, pour recevoir lirrigation et la retenir. La source de cette rivière est situéeentre le village Cephissie et le mont Pentélique : cest une fontaine deau pure et qui ne taritjamais ; elle coule avec une vitesse remarquable dune citerne ou réservoir carré, et son volumesaccroît dun courant assez abondant qui jaillit près dun large platane situé dans le village.

lie bois dolivier se termine à la chapelle de Saint-Blasios, éloignée denviron quatorzefurlongs de la porte sacrée; il occupe, dans sa largeur de lest à louest, plus des deuxtiers de cette distance, et sa longueur du nord au sud est de plusieurs milles. Ces olivierssont dune grosseur considérable; leurs troncs, qui se fendent en plusieurs parties en vieil-lissant, ont souvent une circonférence de vingt pieds. Lolivier croît lentement et résistepeut-être plus que tout autre bois au dépérissement. Il a fallu des siècles avant que ces arbresvénérables eussent atteint leur grosseur actuelle ; de sorte quils peuvent être regardés, sinoncomme remontant à lorigine des plantations de lancienne académie, au moins comme enétant des rejetons immédiats.

En avançant vers Éleusis , on voit encore plusieurs blocs de pierre, et, dans différentsendroits, la terrasse ou le mur qui soutenait le chemin. Plusieurs monticules, dispersés çàet, paraissent avoir été des tombeaux. On sait que les anciens en élevaient le long desroutes et dans toute leur étendue ; ceux-ci paraissent avoir occupé le milieu du chemin. Aonze furlongs environ au-delà de léglise de Saint-Blasios, on voit sur une colline, à la droitede la route, les restes dun petit mur denceinte sacrée qui entourait un tombeau ; ce tom-beau était taillé dans le roc, et louverture en était fermée par un couvercle en marbre,comme on couvrait ordinairement les sarcophages (2) .

(i) Le furlong contient 220 yards; il est la huitièmepartie du mille anglais . (H).

(2) M. Fauvel, consul français à Athènes , a récem-ment ouvert ce tombeau; en brisant le couvercle de

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