CHAPITRE VL
TEMPLE DE NÉMÉSIS.
Rhamnus, un des bourgs de l’Attique, est à soixante stades de Marathon , en suivant laroute qui conduit à Orope, le long de la côte. Les maisons des habitants étaient situées surle bord de la mer, et, un peu au-dessus de la ville, s’élevait le hiéron, ou enceinte sacréede Némésis (I) .
A la distance de sept milles de l’embouchure de la rivière de Marathon , dans la directionnord-est, en longeant la côte occidentale du canal d’Eubée, le mont Pentélique, dont lerevers se termine à pic du côté de la mer , forme, entre sa base et le rivage, une plaine demi-circulaire. Au milieu de cette plaine, sur un rocher isolé et escarpé au nord et à l’ouest,était construite l’ancienne citadelle de Rhamnus; on y montait par une pente douce du côtédu sud-est. Autour du pied du rocher et de l’abord de cette pente, la situation de la villese distingue encore par les ruines des habitations.
Dans les endroits où la citadelle était accessible, elle était protégée par des murs enmarbre blanc qui subsistent dans une grande étendue, avec les tours et les portes d’entrée.Dans leur enceinte, il y a beaucoup de fondations d’édifices et plusieurs puits taillésdans le roc, dont un a encore soixante pieds de profondeur. Le nom moderne de la citadelleest Ovrio, on Stauro Castro.
Le chemin direct de Marathon passe par le village de Souli, situé au pied de la montagnequi forme la limite nord-est de la plaine. Au milieu de la distance entre les deux villages, laplaine est interrompue par un marais, que l’on croit être celui dans lequel périrent les Perses,lorsqu’après avoir été mis en déroute après la mémorable bataille de Marathon , ils essayèrentd’échapper parla fuite. Une profonde vallée, qui descend rapidement vers la mer, offre, àtrois milles et demi à-peu-près au-delà du village, le seul accès de Rhamnus. A l’entrée dece ravin , et à environ trois cents pieds au-dessus du niveau de la mer, était située l’enceintesacrée de Némésis, dans laquelle furent trouvés les restes remarquables de deux temples.
Une terrasse d’une étendue de cent cinquante pieds, qui subsiste encore, formait unepartie de cette enceinte sacrée du côté de la mer; les murs qui la soutiennent sont enmarbre blanc ; les blocs disposés par assises horizontales n’étaient pas réunis par des jointsverticaux. Tout le territoire de Rhamnus est abandonné depuis long-temps. >
Le hiéron de Némésis renfermait deux temples. Le plus grand était un/exastyle périptère, Aet le plus petit un temple in antis m . Quoique, pour le distinguer, nous ayons appelé ce der-nier temple de Thémis, nous n’avons aucune autorité pour cette dénomination. L’un des
(A Paus., liv. I, ch. xxxin.
(2) Voyez chap. v, pag. 39, la note ( 3 ).