CHAPITRE IX.
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découverts sur l’aire intérieure de l’édifice, et différents de ceux qui furent trouvés endehors (,) , provenaient vraisemblablement de colonnes élevées sur l’axe du milieu, dans toutela longueur de l’espace entouré par le pérystile, et destinées à supporter les charpentes dutoit.
Planche I.
Fig. 1. Plan du portique.
Il reste encore les fragments de seize colonnes dans leur position primitive, onze du côtéde l’est et cinq du côté du nord-ouest. Les colonnes des angles de la façade sud-ouest sesont conservées toutes les deux en place, et l’emplacement de la deuxième colonne A estindiqué par le renfoncement creusé dans le pavé pour la recevoir. C’est cette circonstancequi nous a mis en état de déterminer qu’il y avait sept colonnes dans les retours ou lesbouts du portique.
double (voyez la figure ci-dessous), ayant un seul pro-naos au centre et deux cellas aux extrémités. M. Hirtappuie cette hypothèse sur l’existence d’autres templesantiques dédiés à plusieurs divinités, et particulièrementsur celui de Vénus et de Rome , quoique la dispositionde ce dernier édifice soit tout-à-fait différente de cellequ’il a dû adopter. Il est vrai que ce savant ne cite cetexemple que comme une exception qui peut en autori-ser une autre, et, sous ce rapport, il aurait pu citerencore le temple de Jupiter Capitolin, à Rome , quiavait trois cellas, plusieurs temples doubles dont parlePausanias , et le temple d’Erecthée à Athènes . Dans larestauration que nous avons donnée des restes de Tho-ricus ( voyez planche vu ), nous avons admis avecl’auteur anglais que leur destination primitive avait étéde servir de portique public ; mais nous avons ajoutédes murs latéraux à la rangée unique de colonnes qu’ilsuppose y avoir été élevée. Quoique aucun indice desemblables murs n’ait été mentionné, nous pensons quel’exemple de Ségeste , où l’existence des murs de lacella du temple n’a été constatée par nous que depuispeu, est de nature à laisser des doutes sur l’autoritéabsolue du résultat des fouilles qu’on a faites à Thoricus.L’emploi simultané des murs et des colonnades dansles portiques des anciens nous est d’ailleurs démontré
par les descriptions qui nous sont parvenues de cegenre d’édifice, et par le monument dit la Basilique , àPæstum , monument dont les ruines offrent tant d’ana-logie avec les restes qui nous occupent, et dans lequelles antes avec les arrachements de pareils murs, ont laissédes traces certaines. Ces murs, presque toujours ornésde peintures, étaient nécessaires aussi pour garantirle peuple assemblé des atteintes du vent, de la pluie etdes rayons du soleil, contre lesquels de simples colon-nades couvertes n’auraient pu offrir un abri suffisant.Quant à la grande différence entre l’entre-colonnementdu milieu des longs côtés et les autres entre-colonne-ments, dont aucun temple grec n’offre d’exemple ni surles façades principales ni sur les façades latérales, nouspensons qu’elle peut surtout avoir été motivée par ladestination de l’édifice comme portique public, sous le-quel il pouvait devenir nécessaire d’amener des charsou d’autres objets trop grands pour passer parles entre-colonnements ordinaires, dont le passage était assez largenéanmoins pour offrir aux piétons, tout autour du mo-nument, des accès faciles. Ce n’est en effet que dans lespropylées én général et au portique dorique appartenantà un agora d’Athènes , c’est-à-dire, dans les monumentsoù devaient arriver des chars et des objets d’une dimen-sion extraordinaire, qu’une telle disposition se trouve.(H.)
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(1) Différents par leur profil seulement ; quant à ladifférence entre la hauteur de ces chapiteaux et celle deschapiteaux de l’extérieur, comme elle n’est que d’un \de pouce, il n’y a aucun doute qu’ils proviennentde colonnes d’un même diamètre et d’une égale hau-