Yj PRÉFACE
fausse ; car chacun peut se convaincre aisé-ment que le style cTAraelot a même beaucoupmoins vieilli que celui de Corneille. 11 esttrès-intelligible ; et ce traducteur avoit en gé-néral bien saisi l’esprit du texte, et l’a renduiidèlement en majeure partie. Ameîot, quiavoit habité long temps Venise, et qui d’ail-leurs avoit fait une étude approfondie de lapolitique en cette ville-là même, où en étoitla plus fameuse école, pouvoit, mieux quebeaucoup d’autres, entrer dans les profon-deurs de Machiavel. Les plus graves défautsde sa traduction consistent dans 1 omissionde quelques phrases incidentes dont il avoitpu ne pas comprendre la nécessité, ou quimanquoient à ledition sur laquelle il tra-vaillait, et dans quelques additions interpré-tatives, qui font envisager les choses un peutrop comme ses idées particulières le por-taient à les voir(i). Mais ces défauts sont
(i) Un exemple du premier tort est au chap. 3, où Machiavel avoitdit: Subità che un foresiieie patente entra inuna prooincia , tutti quelleche sono in essa meno potenti pli adcriscono , mossi da uria mvidinehe hanno eontro a chi c stato patente sopra di loro ; tantachc nspettoa questi minori potenti , egli non ha a durare fatiea alcuna a guada -gnarli , perche subito tutti insieme voleniieri fanno globo con lo s(ato ,