SUR MACHIAVEL.
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ciel qu'ils en soient éloignés ; et, s’ils ne l’étoient pas , les gens debien, qui verraient alors l'honneur et la morale si cruellement ou-tragés par ce dernier succès des mêmes Protées auxquels nousdevons tant de maux, et des maux encore si récens, regretteraientd'avoir échappé à leurs hécatomphonies , et n’invoqueroient plusque la paix des tombeaux. Les peuples enfin à qui le spectacle dutriomphe persévérant du crime, sous la protection même de lalégitimité, feroit perdre infailliblement le peu qui leur reste encorede probité, de droiture et de religion, en concluraient avectrop de justice qu’en France maintenant il est plus utile et plusglorieux de n’en point avoir (i).
Ah ! s’il étoit vrai, comme on l’a dit trop légèrement, que Ma-chiavel n’eût conseillé que la duplicité, la perfidie et la trahison ,certes, les hommes dont il s’agit seraient bien plus habiles dans lapratique d une telle doctrine, que ce Buonaparteauquel eux-mêmesreprochent effrontément l’exécution de tout ce que le Livre duPrince peut raconter en ce genre ; et ils auraient lieu de s’englorifier, puisqu’ils triompheraient sur les débris du trône bien-faiteur, en ayant l’air de le maudire.
retour pour en obtenir (te moi, seroient-ik plus fidèle sa ma cause qu’ils ne l’yont été ? Le seroient-ils plus à moi-mème qu’ils ne te sont à leur bienfaiteur pri-mitif , si un autre usurpateur , venant pour me supplanter, leur faisoit espérerdes places ? »
(i) « Dès qu’une vertu , disoit Philoclès , ne frémit pas à l’aspect des vices ,elle en est souillée ; et une vertu sans ressort est une vertu sans principes. »(Voyage d'Anachars. tom.VI, pag. 47°)-—« L’indulgence pour le vice, est-ildit dans le môme ouvrage , est une conspiration contre la vertu. » ( Tom. I,pag. 35i. ) —Un de nos écrivains révolutionnaires, éclairé par l’expérience ,s’écrioit, dans un accès de probité : « Grande et importante leçon ! il ne fautpoint composer avec le crime , car il nous punit de ne pas le punir. » ( Hou*îlîouffe ; Orais. fun . de Loup. )