DISCOURS
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§• III-
Abus que Buonaparte a fait de ce que Machiavel avoit dit pour TesPrinces nouveaux ; son mépris des préceptes par lesquels cet auteurvouloit les rendre bons. —- Mensonge de ceux qui prétendent qu'ila proposé César Borgia , seul et dans tout , pour modèle à tousles Potentats.
Nous conviendrons que Machiavel, en contemplant les diversesprincipautés nouvelles d’Italie en son temps, a exposé ce qu’avoientfait, pour la sûreté de leur règne, les hommes qui y étoient parvenus,comme nous avons vu Buonaparte arriver à sa souveraineté ; maison ne pourra nier qu’il n’ait dit aussi comment ceux , dont le vœunon contesté des peuples, ou d’anciens droits reconnus avoientlégitimé le règne, se concilièrent l’affection de leurs sujets et l’es-time de leurs voisins. Sans doute encore, c'est sur quelques exem-ples offerts par Machiavel, que Buonaparte a fondé ce systèmehardi, suivant lequel il a simultanément émerveillé et opprimé lespeuples; mais il a dû voir aussi dans le même auteur des règlesde conduite en vertu desquelles d’autres Princes nouveaux rame-nèrent l'ordre où régnoit la désolante anarchie, et rendirent leurssujets heureux autant que soumis.
On seroit injuste de ne pas avouer qu’il a essayé quelques-unsdes moyens honnêtes pratiqués par ces Princes, et que , s’il n’a pasréussi comme eux, c’est qu’indépendamment des mêmes obstaclesqu’ils surmontèrent, et des pièges que lui tendoit sa gigantesqueambition, il eut réellement dans le cours de son règne des difficul-tés plus graves et plus nombreuses que les leurs. Je ne sais s’ilavoit, aussi bien qu’eux, dompté l’anarchie démocratique; mais jesais qu'ils n’eurent pas comme lui ce puissant contrepoids de l’opi-nmn publique en faveur de la Famille détrônée, toujours existante,