SUR MACHIAVEL.
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lui en avoit remise; et c’étoit la seule qui en existât à Floreftce (i).Cet ouvrage ne put même être connu du public qu’après la nior^de l’auteur. Ainsi donc, quand il seroit vrai que sa publication eutété pour le monde un scandale révoltant, l’odieux n’en devroit pointrejaillir sur Machiavel, mais uniquement sur l’imprimeur pontificalde Clément VII, et sur ce Pontife lui-même, qui la favorisa d’uneapprobation solennelle (2).
Du reste, ne manquons pas d’observer que, quoique Machiavelait particulièrement contemplé la condition des Princes nou-veaux, parce qu’il n’y en avoit guère que de ce genre alors enItalie, il n'a pas négligé les intérêts des Princes anciens. Nous avonsdéjà prévenu nos lecteurs que les Souverains dont la principautéétoit légitimée par une longue succession d’aïeux sur le mêmetrône, ou par le consentement unanime et libre des peuples, trou-voient aussi dans ce traité des règles de sagesse qui se concilientavec la probité même la plus intègre, et qu'ils 11e doivenl pointnégliger de suivre s’ils ne veulent pascourirle risque d'être détrônés.Il faut encore rendre cette justice à Machiavel, que ce sont celles-là qu'il développe avec plus de complaisance, comme on pourrale remarquer dans la suite de son ouvrage, et spécialement dans seschapitres XIX et XX, où il démontre aux Princes la nécessité dese concilier l’estime et l’amour de leurs sujets.
(1) Voy. Varchi : Steria Fiorentina. Cologne , 1721 , pag. 85 .(a) Voy. ci-devant, pag. xxvij.