SUR MACHIAVEL.
Iv
dans cette Apologie de son Traité de V Unité de l'Eglise, qu'il adressaà l'entreprenant Charles-Quint, en l’exhortant à tourner ses armescontre le Monarque anglais, ayant été connue à Rome en i 535 , yexcita naturellement contre Machiavel le zèle de Tardent inquisiteurAmbroise-Catherin Lancelot Politi dont nous avons déjà parlé. Noussommes dispensés, pour des raisons à peu près semblables, de discu-ter la valeur des attaques, d’ailleurs extrêmement foibles et même ri-dicules, que portèrent ensuite contre la mémoire de ce grand hommed’Etat plusieurs jésuites. Ce fut Tannée même où. Clément VIII en-vovoit, à son légat en France, une bulle pour ordonner aux ca-tholiques français de rejeter Henri IV, et de procéder à l'électiond'un autre Roi, savoir, en i5g2, que le premier de ces aggresseursjésuites , le P. Possevin , sans même avoir lu le Livre du Prince ,se déchaîna contre lui. Il fut imité, en 1597, par ses confrèresLucchésini et Ribadeneyra, et, quelques années ensuite, par lesPP. Raynaud, Binet, et d'autres qui résidoient en Bavière ([). Le»prétendues réfutations de ces religieux, ne consistant guère qu’eninjures, ne méritent pas plus de considération que celle par laquellele prélat portugais Osorio avoit devancé la diatribe du P. Possevin, etcelle qu’ensuite donna l’oratorien Bozio, en avouant toutefois qu’iln’avoit écrit contre Machiavel que pour obéir à la Cour de Rome (2).
Laissant à part ces foibles escarmouches de sa troupe légère ,pour nous attacher aux seuls détracteurs philosophes qui fontmaintenant la plus forte impression dans les esprits, nous voyonsqu’ils furent tous des ennemis avérés de l’autorité monarchique ,et que leurs critiques du Prince de Machiavel n’étoient que des jusr-tifications de la révolte fomentée par eux-mêmes contre le trônede nos Rois.
Le premier de cette classe de détracteurs parut la troisième
(1) Voyez VAppendice historique.(») Ibid.