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Machiavel commenté par Non Buonaparte : manuscrit trouvé dans le carrosse de Buonaparte après la bataille de Mont-Saint-Jean, le 18 juin 1815 / [par Nicolas Machiavelli ; commenté par N. Buonaparte]
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SUR MACHIAVEL.

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notre auteur à l'exécration publique. Voltaire qui, pour en devenirloracle, se lormoit en Angleterre à lécole anti-monarchique desMilton, des Collins, des Pope, y publia bientôt (en 1740) cetAnii-Machiavel , quil faisoit regarder comme louvrage dun Roi ;et la faction philosophique triomphoit en présentant, dans ses rangs,un Monarque déclamant lui-même contre tous les moyens préser-vatifs des trônes. Cependant ce même Roi, avançant dans sa brillantecarrière, acquéroit le nom de Grand en suivant précisément la mêmepolitique et les mêmes systèmes qu'il passoit pour avoir combattusavec sa plume. Dédaignant de confondre cette erreur autrementque par sa glorieuse conduite, il en fit bien afeez pour achever dedétromper le public, et même pour honorer Machiavel, en prou-vant que cet ouvrage étoit étranger à ses productions littéraires,lorsquil permit quon en imprimât le recueil de son vivant. Leséditeurs de la nouvelle collection, qui en fut publiée après samort, donnèrent à Voltaire le même démenti. Néanmoins cet Anti-Machiavel, encore favorisé par la même illusion, avoit encore leffetque la faction sen étoit promis ; et il avança plus quon ne croit lesaffaires de ces philosophes régénérateurs , par qui déjà les Souve-rains étoient dénoncés aux peuples comme des tyrans dont il fau-drait bientôt secouer le joug , ou du moins enchaîner la puissance.

Ce nest pas la peine dinculper ici les historiques abécédaires,qui, se multipliant à lépoque de notre révolution, fournirent à tant,de compilateurs loccasion d'amonceler, au grand contentement desfactieux, toutes les calomnies ouon lisoit ailleurs sur Machiavel; et.il nous suffit davoir démontré que les motifs, bien avérés de sesdétracteurs principaux que les autres ne firent que copier, tournenta la gloire de sa doctrine, sans quelle ait pu être le moins du mondeofl ensce par leurs frivoles raisonnemens. Que sera ce quand nousdémontrerons ensuite que ce grand homme d'Etat, qui, dune part,n eut que des ennemis suspects, fut, de l'autre, victorieusement