BCON APARTE.
MACHIAVEL,caressés ou réprimes, etqu’ilsse vengent des offenses quandelles sont légères (i). Ils nele peuvent pas quand ellessont graves; ainsi donc l'of-fense qu’on fait à un hommedoit être telle qu’elle le mettehors d’état de vous fairecraindre sa vengeance (2).
Si au lieu de colonies 011tient dans ces nouveaux Etatsdes gens de guerre , on dé-pense beaucoup parce qu’ilfaut consumer , pour les en-tretenir, tout le revenu qu’ontire decesEtats ( 3 ).L’acquisi-tion qu’on en a faite, se tournealors en perte, et offense beau-coup plus, parce qu'elle nuitatout le pays par les arméesqu’il faut y loger dans lesmaisons particulières. Cha-que habitant en éprouvel’in-commodité ; par-là , chacund’eux devient l’ennemi duprince ; et ce sont des en-nemis qui peuvent lui nui-re, même en restant subju-gués dans leur maison (4). Cennoyen pour garder un telEtat est donc, sous tous lesrapports, aussi inutile quecelui des colonies est utile.
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(1) Je 11’en vois faire que delégères aux miens par esprit dedébonnaireté : ils 11e s’en ven-geront pas moins à mon pro-fit. Sait-on Ya b c de l’art derégner, quand on ignore quYndéplaisant pour peu , c’estcomme si l’on déplaisait pourbeaucoup? E.
(2) Je n’ai pas assez bien ob-servé cette règle; mais ils armentceux qu’ils offensent, et ces of-fensés m’appartiènent. E.
( 3 ) Afin qu’il en reste poursoi, on les impose davantage.
R. C.
( 4 ) Je ne les crains pointquand je les force d’y rester.Ils n’en sortiront pas, du moinspour se réunir contre moi. R.C.
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