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l8 MACHIAVEL.
ces colonies, le prince nes’engage pas dans une grandedépense ; car sans meme enfaire, ou n’en faisant que peu,il les y envoie et les y main-tient. En cela, il n’offense queceux à qui il prend les champset les maisons pour les donneraux nouveaux habitants, quine composent, après tout,qu’une très-petite partie decet Etat ; et ceux qu’il a of-fenses, restant dispersés etpauvres, ne lui peuvent ja-mais nuire (i). Tous les autresqui n’ont pas été blessés dansleur personne ni leurs biens ,s’appaiseut facilement , etdeviènent craintivement at-tentifsà ne pas faire de fautes,afiu qu’il ne leur arrive pasd’être dépouillés comme lesautres (2). Il en faut conclureque ces colonies qui ne coû-tent rien ou presque rien,sont plus fidèles , nuisentmoins ; et que les offensés ,étant pauvres etdispersés, nepeuvent nuire, comme déjàil a été dit ( 3 ).
On doit bien observer queles hommes veulent être ou
(1) L’observation est assezbonne : je pourrai en profiter.
ll.C.
(2) Voilà comme je les veux.
ll.C.
( 3 ) J’exécuterai tout cela dansle Piémont, en le réunissant à laFrance. J’y aurai, pour mes co-lonies , de ces biens déjà confis-qués avant moi, et qu’on y estdéjà convenu d’appeler natio-naux . G.